RAPHAËLLE PIA

La peinture est morte, vive la peinture ! 

Avec cette récente série, l'artiste parisienne exposera de grandes peintures ainsi que des formats plus petits, quasi monochromes dont l'inspiration est puisée dans des fleurs - roses ou coquelicots.
Démesurées, les fleurs de Raphaëlle PIA marquent d'abord par leurs dimensions. À chaque fois, quatre mètres carrés de peinture pure. L'eau s'est évaporée, le pigment est resté en couche fine. D'où la transparence et la luminosité de ses peintures.
Toile au sol, Raphaëlle PIA utilise un procédé de pliages pour dessiner les structures de la fleur. Elle y pose ensuite la couleur liquide. Le temps fait le reste. Parfois même, de l'union de la toile paysage et du fleuve peinture naissent des fleurs... Raphaëlle PIA est une chercheuse d'or.

Obstinément
Depuis trente ans, Raphaëlle Pia continue de peindre, obstinément. Elle aborde toujours de façon surprenante et très personnelle les grands thèmes de l'histoire de l'art: paysage, autoportrait, nature morte...
Au quotidien, l'artiste mène un combat très particulier avec la peinture : il est vital mais non mortel. À la différence de la mise à mort qui se déroule dans l'arène, ici, c'est le statut quo qui est recherché, une suspension, un arrêt sur image, une « figure » qui va révéler l'extrême tension que noue le processus de peinture de Raphaëlle PIA.
Premier temps fort dans le combat, et c'est le début de chaque nouvelle série, une découverte technique - simple parfois, comme ici le pliage. À partir de là s'élabore la série, deuxième étape de la lutte, où l'astuce technique doit faire ses preuves, ne pas être du ressort du gadget et réserver encore des surprises, des dérapages.
À chaque fois le même enjeu : la flaque est à la peinture ce que le pli est au peintre un mode d'expression. Pourtant, la flaque sans le pli et le pli sans la flaque ne sont rien. Au milieu de cette intrication, de ce corps à corps apparaît le véritable gagnant: comme d'habitude, c'est le hasard. Peu importe en fin de compte, que les roses apparaissent ou non.

Fabien Pinaroli, présentation de l'exposition "Flaques" 2006

 

Monument, 2002, acrylique sur toile, 200 x 200 cm
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